| La période bernoise |
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De 1536 à janvier 1798, les habitants de Mézières et du Jorat, comme ceux de l'ensemble du futur canton de Vaud, deviennent "loyaux sujets de LL EE de Berne". L'autorité est exercée par le Bailli de Moudon, mais les coseigneurs de l'époque restent propriétaire de leurs biens.
Gardant soigneusement leur particularisme, ils durent, cependant, abandonner peu à peu le patois. Gardant - tant que pouvait se faire - leurs hbitudes, leur rythme de vie point trop rapide, bridés toutefois par des ordonnances contraignates qui réglementaient chaque détail de leur existence. Tout était alors codifié : le comportement, les vêtements, les plaisirs, les bals, les cultes... Le tout surveillé par une sorte de "tribunal des moeurs", le Consistoire rattaché directement à la Paroisse.  La présence bernoise, d'autre part, permit - mais pas avant 1700 - de mettre fin à l'insécurité des routes qui traversaient les bois du Jorat, routes infestées de brigands qui rançonnaient et n'hésitaient pas à tuer les voyageurs qui les empruntaient. mézières fut l'un des théâtre des exploits des brigands du Jorat; vers 1550, Félix Platter et deux autres étudiants, obligés de coucher à Mézières, "dans une méchante auberge", ne durent leur salut qu'à leur fuite pendant la nuit et à l'ivresse des brigands. A la fin du XVIIIe siècle, la noblesse ne dédaignait pas de tenir auberge. Celle de Mézières était la propriété d'Albert de Watteville, seigneur de Diesbach. Le 10 mars 1783, il céda cet immeuble, avec son mobilier et les vases de cave, à son gendre, E. de Watteville, de Chardonne pour le prix de Fr. 22'800.- Le 29 juin 1808, Dame Charlotte, née de Watteville, femme de Louis de Muralt, revendit l'auberge à la commune de Mézières pour le prix de Fr. 22'000.- outre Fr. 400.- de vins. L'enseigne de l'auberge, en vieille serrurerie du XVIIIe siècle, porte encore les armes de Watteville. Elle a été restaurée et classée au nombre des monuments historiques. Cependant, petit à petit, au bout de ceux cents ans, environ, on voit se dessiner, timidement, çà et là , quelques velléités de révolte, essentiellement soutenues par la classe bourgeoise au reste. Révolte à la manière vaudoise, s'il vous plaît, c'est-à -dire (fort heureusement) sans violence ni effusion de sang. A ce titre, l'affaire du Pasteur Martin de Mézières est exemplaire. L'histoire, la voici: Pasteur à Mézières de 1779 à 1792, il échappa au ministre Martin de dire, dans une conversation à la sortie d'un culte, que les pommes de terre étant un légume et non des céréales, la dîme n'en était pas due (impôt égla à un dixième des récoltes). Le Châtelain Reymond s'empressa - en les dénaturant - de rapporter ces paroles au seingeur de Carrouge, Bernard de Diesbach, qui les transmit immédiatement au Sénat de Berne Une accusation de haute trahison fut aussitôt décrétée contre le pasteur. Au milieu de la nuit, une troupe d'agents de la police bernoise, masqués, envahit la cure de Mézières, mit les papiers du ministre sous scellés, enleva le pasteur Martin et le conduisit dans les prisons de Berne. Distrait de ses juges naturels, mis au secret, soumis à une enquête sévère, le pasteur Martin vit pourtant son innocence reconnue et proclamée. Après quatre mois de détention, un arrêt de 1'avoyer et conseil souverain, en date du 4 avril 1791, lui ouvrit les portes de son cachot et lui alloua une indemnité de cent louis d'or. Il fut solennellement réintégré dans sa paroisse et le délateur Reymond fut censuré et destitué. Le retour du pasteur Martin, les 11 et 12 avril 1791, fut un véritable triomphe. Partout au long de sa route, il fut acclamé et fêté. Le 12 avril, une foule de ses paroisiens, musique en tête, se porta à sa rencontre jusqu'à Bressonnaz. Il y eut des discours de bienvenue, le tout suivi d'un joyeux retour jusqu'à la cure de Mézières où le cortège fut reçu par une salve d'armes à feu. Ainsi finit la "révolte des pommes de terre"! Cet épidose historique a fait le sujet d'une pièce de théâtre intitulée "La Dîme", par M. René Morax, qui fut jouée avec un très grand succès à Mézières par des acteurs de la contrée, à l'occasion du Centenaire vaudois de 1903. Le succès de cette pièce suggéra l'idée de construire à Mézières un théâtre qui serait destiné à mettre à la portée du grand public diverses manifestations de l'art dramatique et musical, avec la collaboration, autant que possiblt, des habitants de la contrée. Cette initiative fut appuyée par la faveur du public et par les plus hautes personnalités artistiques et littéraires de la Suisse et de l'étranger. Une société par actions se constitua, qui construisit "le Théâtre du Jorat", tout en bois, avec plancher incliné, 1'200 places assises et tous les locaux accessoires. L'inauguration a eu lieu le 9 mai 1908 par la représentation d'"Henriette", drame rustique par René Morax, et la reprise de "La Dîme". En mai 1910, on donna "Aliénor", drame du même auteur. En juillet 1911, ce fut l'opéra "Orphée", de Gluck, sous le haut patronage de maître Saint-Saëns; en juillet 1912, "La Nuis des Quatre Temps", légende dramatique par René Morax, et, en 1914 "Tell", du même auteur. Il existait, au XVII siècle, une école commune pour Mézières et Carrouge. Cette dernière localité contribuait aux frais, en 1721, pour une somme de 60 florins. En 1763, la part de la commune de Mézières dans l'entretien de l'instituteur consistait en : - la jouissance d'un terrain suffisant pour y semer trois quaterons En 1793, la commune de Mézières étant propriétaire d'une maison de commune, se chargea de loger le régent moyennant le payement, par celle de Carrouge, d'une somme de 40 batz. L'ouverture du chemin de fer Lausanne-Moudon en 1902 et la fondation du théâtre du Jorat ont contribuét à faire connaître et apprécier cette région intéressante du pays, jusqu'alors un peu ignorée. |




