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Les origines

Rien dans l'histoire de notre village ne permet de penser que nos très lointains ancêtres de l'âge de pierre y aient élu domicile. On n'a retrouvé à ce jour ni silex taillés, ni ossements, ni grottes témoignant d'une occupation humainre. Peut-être les forêts étaient-elles alors trop denses et trop peuplées de bêtes sauvages pour que les hommes d'alors y puissent vivre.

Par contre, des vestiges retrouvés ici ou là au milieu du siècle passé prouvent que notre région fut habitée à l'âge de bronze, c'est-à-dire de 1800 à 800 avant J.-C. Des armes, des bracelets, des épingles de bronze attestent la présence de ces premiers fondeurs de métail, Celtes venus des hautes plateaux de l'Asie Centrale jusque dans le Jorat.

En 58 avant J.-C., notre pays conquis par Jules César devient province romaine. Découverts, puis maintenant définitivement perdus, les restes d'une importante villa romaine auraient été mis au jour sur le territoire de la commune de Mézières. Des monnaies impériales, des vestiges de routes romaines ont aussi été découverts dans la région. De cette époque datent les premiers défrichements et le vrai début de l'agriculture dans le Jorat.

Au déclin de l'Empire romain les hordes barbares commencent à déferler à travers l'Europe. Huns, Goths, Alemans et Vandales chassent devant eux les occupants romains. Les Burgondes occupent ce qui deviendra le Pays de Vaud et les proches régions actuellement françaises. Burgondes un peu moins barbares que les autres, dont le droit reconnaissant l'égalité entre eux-mêmes et ceux dont ils occupaient les territoires. Burgondes tolérant ce qui subsistait de présence romaine, tolérant les premiers évêques chrétiens, adoptant peu à peu la culture des pays où ils s'implantaient et finissant même par se convertir au christianisme. Des restes de sépultures burgondes découverts sur le territoire de notre commune prouvent la présence de ces lointains concitoyens.

Le règne de Charlemagne de 742 à 814 marque l'entrée dans le Moyen Age. Si son autorité impériale et souveraine réussit à maintenir la cohérence d'un immense Empire, sa disparition en signe de morcellement. On voit alors apparaître une multitude de souverainetés locales, caractéristiques de l'époque féodale. Ainsi en fut-il aussi dans notre pays. Dès le IXème siècle existent une foule de petites seigneuries, éparpillant le pouvoir politique de façon un peu anarchique. Cependant, contrairement à ce que l'on en dit, c'est là une période de progrès certains si on la compare aux époques antérieures. On y voit en effet le servage régresser et les communes rurales acquérir un début d'autonomie. Les forêts, autrefois défrichées par les Romains, avaient repris, du temps de l'occupation barbare, leur foisonnement impénétrable, ne laissant apparaître, ici et là, que de rares pâturages. Les bêtes fauves avaient repris possession des bois, chassant les hommes vers leurs villages. Les seigneurs féodaux vont à nouveau organiser le défrichement, ouvrant aux paysans des terres à cultivers et leurs chasses, nombreuses, éliminent peu à peu les bêtes sauvages, les refoulant au plus profond des forêts.

En 1161, pour la première fois, on voit apparaître dans un texte le nom de notre village : "Paganus de Maseres". Nom qui se transforme au cours de temps jusqu'à l'appellation actuelle. En 1180 : "Jordanus de Maisières". En 1453 : "Mexieres" qui, par la suite, se fixe définitivement en "Mézières".

Nom de lieu fréquent que l'on retrouve près de Romont et en divers lieux de France, mot identique au pluriel de l'appelatif "maceria", en ancien français "maisiere", c'est-à-dire "muraille" ou "masure". Sur toute cette période, aucun document dans les archives de la Commune, la cure où étaient conservées ces pièces ayant brûlé complètement (fin du XVIIe siècle ou début du XVIIIe.)

A travers le Moyen Age et jusqu'à la révolution de 1798, on voit Mézières partagé, appartenant à deux seigneuries différentes. D'une part était coseigneur de Mézières le propriétaire de Vulliens, Carrouge et Les Cullayes, d'autres part la famille d'Estavayer. Mais ce n'est là qu'un point de repère dans le temps, car de mariages en héritages, d'héritages en partages et de partages en ventes, Mézières passes de mains en mains et de famille en familles, les terres et les villages - avec leurs habitants, bien sûr - n'étant alors qu'une sorte de "marchandise", bonne à être vendue ou échangée. Ce qui semble certain c'est qu'au moment de la révolution étaient coseigneurs de Mézières d'une part Bernard de Diesbach et d'autre part Jean-François Cerjat.


 
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